Un jour, alors que j'attendais l'ouverture des portes de la bibliothèque, une jeune maman est arrivée avec ses deux petites filles. Très sympathique cette maman. Très rieuses les fillettes. Nous avons commencé à bavarder la maman et moi pendant que ses filles sautillaient ici ou là. Assez vite, elle m'a livré ce qui la préoccupait. Sa fille aînée, Aparnaa, doit rentrer au cours préparatoire en septembre et elle craint qu'elle ne puisse pas suivre. Nouvellement arrivés en France, son mari et elle ne parlent qu'un français approximatif, elle ne se sent pas à l'aise pour l'aider d'autant plus que tous les soirs après 18 heures elle doit retourner à Paris où elle fait des ménages. Avec ces deux filles, elle passe beaucoup de temps à la bibliothèque à chercher des livres motivants qu'elles feuillettent ensemble. D'instinct, elle choisit ceux qui conviennent... Malgré tout, bien qu'elle soit porteuse d'un vrai désir de réussite pour sa fille, son inquiétude est là, omniprésente.
Je ne sais pas ce qui m'est passé par la tête, mais alors que je m'étais juré de ne jamais faire de bénévolat , je lui ai proposé de venir chez moi pour voir de quelle façon je pourrais aider Aparnaa à progresser en français.
Voila pourquoi depuis ce jour, deux fois par semaine après l'école, Aparnaa vient à la maison, le coeur en fête. Nous nous nous efforçons de progresser tranquillement pour que sa maman n'appréhende plus ce passage si important de la maternelle à la grande école et qu'il se fasse en douceur.
Je ne regrette pas d'avoir cédé à mon impulsion soudaine, bien au contraire !
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