Par kéline
Samedi 3 mai 2008
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En 1967, en plein hémicycle, à l’Assemblée, Defferre lança un « taisez-vous, abruti ! » au député gaulliste René Ribière.
Defferre refusa de retirer l’insulte, Ribière lui en demanda réparation par les armes. Deferre vainqueur sera le dernier homme politique à se battre en duel. La classe.
Abruti ? Quarante ans plus tard, cette injure parait assez pâlotte tant nos insultes se sont vulgarisées tout en subissant une inflation galopante. Qui aurait pu imaginer alors
qu'on entendrait quotidiennement des gens bien élevés se traiter de c.., de pauvre type.... Et encore, je reste dans le registre des grossièretés les plus
soft. Les insultes sont partout. Les gros mots envahissent les stades, les rues, l'espace public et même les médias qui devraient donner l'exemple. Ils fusent à
travers les portières des voitures accompagnés de gestes obscènes, ils émaillent les dialogues des cours de récréation qui ne sont que le reflet du vocabulaire de la société. Il arrive
même que l'exemple vienne d'en haut.
Ce qui a changé dans le même temps, c'est que désormais, si insulte il y a, on ne se bat plus en duel mais on demande réparation à la justice. Débordée la justice ! En général les
plaignants sont ' consolés ' mais curieusement le nombre d'insulteurs ne diminue pas pour autant, au contraire.
Le conseil du jour : si vous avez envie d'insulter quelqu'un avec des mots bien choisis, bien percutants, bien réels, faites- le mais en bredouillant. Restez incompréhensible, ça vous évitera
le banc des accusés mais aussi l'ulcère puisque ça défoule tout pareil. J'en suis témoin, j ai essayé.
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