Partager l'article ! LA FOIRE DU TRONE ...: ... C'était dans une autre vie. Je n'ai pas le souvenir du jour où les manèges ont cessé de me procurer de fo ...
... C'était dans une autre vie.
Je n'ai pas le souvenir du jour où les manèges ont cessé de me procurer de fortes sensations d'ivresse fugitive, ni de celui où barbe à papa et pomme d'amour se sont
métamorphosées en excès de sucre, pas plus que du moment précis où les peluches des stands de tir ne m'ont plus adressé un clin d'oeil complice et encourageant. Le désintérêt
a dû naître peu à peu.
Vint un temps de transition. Je trouvais ma place près des guichets, les yeux en l'air, à regarder foncer wagons, avions, sièges ou balançoires, et à attendre
paisiblement que reviennent sur la terre ferme les gens que j'accompagnais. La peur du vertige avait succédé au plaisir de tournoyer dans les airs à des vitesses
folles. Dans cet univers de rires et de cris, je rêvais de lévitation dans l'espace infini du silence intersidéral, à mille année lumière de toutes ces lumières éblouissantes et
excessives, loin de cette cacophonie de haut-parleurs qui se coupent la parole. Je longeais les stands de tir avec indifférence et j'effleurais d'un regard vide les panneaux
kitschs des trains fantômes ou de madame Irma sans plus de gourmandise qu'un charlatan désabusé.
Adieu créatures trompeuses,
Araignées vénimeuses,
Promesses heureuses ,
Démotivée la promeneuse !
La magie avait cédé la place à l'indifférence polie.
L'indifférence polie vient de céder la sienne au refus catégorique : " Ah non, merci bien, sans moi ! Ne m'en veuillez pas, je vous accompagne de loin et par la pensée.
"
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