Par kéline
Jeudi 18 juin 2009
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... et d'un nouveau langage du corps dans nos sociétés occidentales, nouveau langage qui reste à décoder. Il a
commencé à la fin des années 80 en signalant " Mes cheveux, je les cache " . Il continue aujourd'hui en disant : " mon corps je le cache "
" Le député (PCF) André Gerin a déposé une proposition de résolution
visant à créer une commission d’enquête parlementaire sur le port, par certaines femmes musulmanes, de la burqa ou du niqab - un voile noir qui les recouvre entièrement laissant apparaître les
yeux "..." «La vision de ces femmes emprisonnées nous est déjà intolérable lorsqu’elle nous vient d’Iran, d’Afghanistan, d’Arabie Saoudite... Elle est totalement inacceptable sur le sol de la
République française», considère-t-il.. ".
Une commission d'enquête ? Dans quel but ?
La question serait-elle de savoir si cette " tenue " est acceptable ou non sur la voie publique ? La loi sur les signes religieux ostensibles interdits dans les écoles (2004) et
les administrations devrait-elle être étendue dans d'autres domaines tant cette image de la femme se répand de plus en plus dans nos banlieues ?
Si le but vise à connaître les motivations réelles de ces femmes, la commission va avoir beaucoup de difficultés pour les cerner car elles restent dans un discours
religieux primaire quand elle veulent bien s'exprimer.
Il est bien entendu exclu qu'une idée divine saine et naturelle impose une telle négation du corps pour les croyants chrétiens, musulmans ou juifs. On ne peut donc
supposer vraisemblable un ordre divin, surgi dans l'imagination d'un homme - si prophète soit-il- qui exigerait que la femme cache son corps. Corps de femmes nées
en France, françaises depuis plusieurs générations, élevées dans les écoles de la République.
Ce phénomène nouveau (burka, niqab) pousse à réfléchir aux motivations profondes qui poussent une femme à se dissimuler de la sorte alors que jusqu'à présent elle avait
toujours vécu à visage découvert.
- Pression du milieu ? Certes ! Le corps de la femme est source de désirs, le plus simple pour ne pas les faire naître étant de le dissimuler. Mais l'explication parait
insuffisante d'autant plus que ce déguisement peut, au pire, attirer certains pervers.
-Phénomène de mimétisme ? L'une commence, les copines suivent, un jeu qui s'appellerait : " Qui dit mieux ? "
- Rejet de l'autre, de sa religion ou de son athéisme, refus de communiquer avec lui, exprimé par cette négation de leur propre réalité corporelle.
- Envie de choquer en prenant le contre-pied de la libération des corps en Occident depuis le milieu du 20e siècle .
- Nouvelle pathologie du 21e siècle, héritée des extrémistes musulmans du Moyen-Orient et qui s'apparenterait à des pratiques d'origine hystérique comme celles décrites par Diderot au XVIIIe
siècle dans sa satire des couvents. Une autre façon de le dire : " Mon corps est laid, mon corps est malade, je dois me punir en le cachant c'est ma seule façon de survivre. "
Dans tous les cas, est-ce que légiférer peut changer la donne ? Légifère t-on pour les femmes qui détruisent leurs corps autrement ? Par l'alcoolisme ? La dépression anorexique ? la
prostitution ?
N'est-ce pas notre désir d'aider les autres qui est mis en défaut et notre impuissance à transformer le monde qui nous fait réagir ? Quelles que soient les multiples raisons
de leur mutation vestimentaire héritée des fins fonds de l'Afghanistan, j'ai le sentiment profond qu'elles seules pourront changer leur tenue, si elles en ont envie.
L'essentiel a été fait en 2004 et l'essentiel c'était l'école. La burka serait-elle une provocation extrême à cette loi juste ? Dans ce cas, elle disparaîtra
d'elle-même.
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