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  LES LIENS VERS LES AUTRES SITES SONT EN BLANC

Par kéline
Vendredi 19 juin 2009 5 19 /06 /Juin /2009 09:38

Lors de notre passage aux musées de Sens, nous avons été accueilli avec 
des tonnes de  gentillesse et un immense savoir - faire professionnel par des personnes amoureuses de leur ville et de son riche passé historique. Sans même qu'on ait demandé des infos supplémentaires,  on nous a indiqué la maison d'Abraham : " Il n'est pas possible que vous repartiez sans l'avoir vue ! "
Alors que nous prenions quelques photos, un homme, passionné d'architecture, s'est avancé vers nous et il nous a donné spontanément quelques détails supplémentaires sur l'histoire de cette maison.

Pourquoi l'appelle-t-on la maison d'Abraham ?  " Il faut savoir que le nom actuel résulte d'une erreur d'interprétation qui remonte au moins au début du XIXème siècle, car Théodore Tarbé dans son "Histoire de Sens" publiée en 1838 écrit : " On remarque une maison dont l'angle présente un ouvrage de charpenterie des plus singulier. Le poteau qui est au coin est sculpté et représente la généalogie de Notre Seigneur, depuis Abraham jusqu'à la Sainte Vierge . 
Le sculpteur n'a trouvé de place que pour figurer sept des descendants de Jessé : 4 sont à gauche, sur la rue Dauphine (rue de la République), et 3 à droite sur la rue Jean Cousin. Au sommet, la Vierge tient dans ses bras son divin fils. Jessé est endormi sur un tas de pierres cubiques. "
Près de lui, l'un des propriétaires de l'immeuble à fait peindre en blanc sur deux lignes : ABRAHAM L'AN 1204, inscription inspirée sans doute par un fanatique de l'antiquité, qui vieillit la maison de 3 siècles.
L’arbre de Jessé est un motif fréquent dans l'
art chrétien entre le XIIe et le XVe siècle : il représente une schématisation de l'arbre généalogique présumé de Jésus de Nazareth à partir de Jessé, père du roi David.
Cette magnifique demeure fut remarquée par Gustave Flaubert quand il vint en 1864 se documenter pour rédiger son "Education Sentimentale" où son héros Frédéric est élève au collège de Sens, comme le prouve le passage suivant : "Les distractions de Frédéric étaient moins sérieuses. Il dessina dans la rue des Trois Rois la généologie du Christ, sculptée sur un poteau."









Un grand merci aux sensonais pour leur accueil. Au fait, et si on allait vivre à Sens ? Et si on allait vivre à Autun ? Et si on allait vivre à Reims, à Orléans, à Nevers ou ailleurs... dans  une ville où l'on se sent si intimement lié à notre histoire et à ce que nous sommes devenus. Bah, ce n'est rien d'autre que la nostalgie de se retrouver dans notre ville nouvelle sans passé qui nous inspire ce désir d'ailleurs. Demain, ce regret se sera envolé.
Nous sommes les héritiers d'un passé prestigieux dans le domaine des arts et de l'architecture, et nous en apprécions de plus en plus la quintessence  au cours de nos découvertes de villes en villes, de musées en musées, de cathédrales en cathédrales. Que restera-t-il de nos cités de banlieue dans 1000 ans ? Rien du tout et ce sera pas plus mal.

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