Par kéline
Vendredi 26 juin 2009
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07:00
...n'a rien vu venir.
Ils sont étudiants aux Arts Déco à Strasbourg et se sont inscrits au Grand Prix Paris Match du photoreportage étudiant, concours qui
offre 5 000 euros et une publication dans le magazine au meilleur reportage signé par des aspirants photographes. Titre de leur reportage : " Etudiants. Tendance Précaire
".
Ils fabriquent alors très sérieusement un reportage photo dans le style Paris
Match, en se documentant sur le genre et en rencontrant des professionnels. Le sujet est bien réel mais ils poussent jusqu'au bout les clichés. Des amis interprètent des personnages dans des
situations particulièrement tragiques : un jeune homme qui vit dans un squat, un autre qui dort dans sa voiture, une jeune fille qui se prostitue : " Pour pouvoir étudier le jour, je me sers
de mon cul la nuit. De temps en temps je reviens à l'appart entre midi et deux pour dormir. C'est dingue d'en être arrivée là. Heureusement j'arrive encore à le cacher. » Dans le reportage, tous
témoignent par des formules chocs.
Ils pensaient que ça ne passerait jamais et pourtant le mercredi 24 Juin, ils ont reçu le Grand Prix dans les locaux de la Sorbonne.
Ils révèlent alors le bidonnage au jury en lisant un texte dans lequel ils décrivent leur "démarche artistique" comme une " tentative de remise en question " des "
rouages d'un discours médiatique qui a pour ingrédients la complaisance et le voyeurisme dans la représentation de la détresse ". " On s'est dit que ça serait une bonne occasion de dévoiler les
mécanismes d'une certaine presse qui ne vérifie pas ses sources et privilégie l'information sensationnaliste et racoleuse", commente Rémi Hubert. " On avait exagéré les photos, on avait
écrit les légendes à la première personne pour bien faire larmoyer», poursuit-il. " On était très surpris. Le jury faisait un peu la tête, mais on nous a remis le chèque comme si de rien
n'était. " . Il était trop tard, de toute façon, pour empêcher la publication.
Paris Match a décidé d'annuler le trophée mais a maintenu la bourse de 5.000 euros à l'école des Arts Déco .
Une mise en scène qui s'avoue comme telle !
Voila qui met un peu de gaieté dans le monde médiatique dont les dits reportages ne sont parfois rien d'autre que des articles à sensation avec le poids des mots et le choc des
clichés méticuleusement choisis pour faire pleurer dans les chaumières. Ou, à l'inverse, pour transcender une réalité pas très réjouissante.
Dans un cas comme dans l'autre pour travestir l'information.
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