Par kéline
Mardi 15 septembre 2009
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12:28
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... Où Tahar Rahim, dans le rôle de Malik El Djebena détenu prodige, s'envole vers un destin de très grand
acteur.
Malik est seul au monde. Lorsqu'il rentre en centrale à sa majorité, il doit prendre ses décisions très vite pour rester vivant. Il tombe rapidement sous la coupe de César
( Niels Arestrup), qui dirige le gang des prisonniers corses. Ce dernier
exige de lui, en signe de soumission, qu'il commette un crime. En échange, il va être désormais protégé par prisonniers et gardiens corses confondus. Malik, en même temps qu'il apprend
à lire et à se cultiver, comprend très vite la loi de la prison. Il s'endurcit, gagne la confiance de César, avant de " rouler pour lui " et de devenir le prophète des " barbus " .
Prise au jeu de ces deux acteurs hors pair, envoûtée par les images et le talent de Jacques Audiard, c'est en sortant, les tensions tombées, que j'ai
disséqué les invraisemblances de ce film réalisé à la perfection. L'état de fébrilité anxieuse qui m'habitait, la peur que le héros se fasse trucider une fois
apaisée, les énormités en tous genres m'ont sauté à la figure.
On se balade comme on veut dans la prison d'Audiard, on peut trancher la carotide d'un autre prisonnier avec une lame de rasoir dissimulée dans la bouche, sans autre
conséquence qu'un étalage effrayant d'hémoglobine. D'autres se retrouvent en prison pour beaucoup moins que ça. Malik, en liberté surveillée, tue les occupants d'une voiture dans
un quartier hyper-protégé de Paris, en ressort couvert de sang, traîne un homme sur plusieurs mètres, et retourne tranquillement en prison sans être inquiété le moins du
monde.
Alors, pour conserver la magie, inutile de le voir comme un documentaire même s'il nous montre certaines réalités du milieu carcéral, ses bâtiments sinistres, la drogue qui circule, la
violence, les clans qui s'opposent, les meurtres impunis, les passe-droits. Considérons plutôt la prison comme la toile de fond nécessaire pour mettre en scène les émotions
violentes d'une fable épique autour d'un thème affectionné par Audiard, celui du ratage des relations père - fils. Les épisodes fantastiques où le héros entretient dans sa cellule
des dialogues imaginaires avec le prisonnier qu'il a tué, image paternelle qui continue à le hanter, prennent alors tout leur sens. Quant à César, père de substitution qui protège en
asservissant et en humiliant, il perd tout pouvoir à la fin du film quand Malik et les barbus le défient.
Mais est-ce pour autant qu'il est libéré en quittant la prison ? On peut en douter. Encombré de disciples envahissants et ... " protecteurs " , il perd sa dimension de héros
solitaire et on pressent que Jacques Audiard n'en a pas fini avec le père ...
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