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« A imaginer d’autres mondes, on finit par changer aussi celui-ci. »

Umberto Eco.

Par kéline
Dimanche 22 novembre 2009 7 22 /11 /2009 10:43

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... sur l'incapacité des adultes à définir en commun l'autorité, voire sur leur difficulté à la respecter eux-mêmes.
Ils imaginent des opérations telles que " zappe ton prof "
Lu dans le Monde du 22/11/09 :
Mme Lespagnol est, de son propre aveu, " un peu sévère... enfin, si l'on considère que leur demander de range/r leur téléphone - sans le leur confisquer, puisque nous n'avons pas /le droit -, c'est être sévère ". Pour certains élèves, c'est insupportable.Le 20 octobre, ils signent - à la quasi-unanimité de la classe - une lettre au proviseur dans laquelle ils lui " conseillent vivement d'opérer un changement de prof ". La proviseur aura eu beau leur expliquer son refus, le groupe ne lâche pas prise, et sous la signature "la TSTG2" - terminale sciences et technologie de la gestion - adresse une missive au professeur, à qui ils viennent de voler une clé USB.Ils lui conseillent "de procéder à un changement d'attitude, et de cesser de faire des remarques à chaque fois que l'on a un téléphone entre les mains, car cela est une perte de temps. (...) Vous nous prenez trop au sérieux en nous engueulant à chaque cours". Singeant la rhétorique des bulletins scolaires, avant de descendre d'un cran leur registre de langage, ils ajoutent : " Si ce n'est pas le cas et qu'il n'y a aucun effort de changement de votre part, nous n'avons plus que quelques mots à vous dire : allez vous faire enc..."
Mme Lespagnol a déposé une plainte pour cette lettre, les menaces verbales qui l'ont précédée, et le vol de sa clé USB. "

(...)



Comment en est- on arrivé là ? A qui la faute ? On aura beau jeu de pointer les raisons qui ont pu faire dériver à ce point l'autorité et qui ont donné aux lycéens ce sentiment de fausse  toute-puissance.
Chacun trouvera SON coupable !
La faute de l'institution scolaire, de l'école élémentaire qui envoie au collège des élèves ne sachant pas lire et dont le seul refuge sera la révolte ?
La faute des profs qui font copains copains ou qui envoient par leur attitude rebelle contre leur propre hiérarchie le message  " Fais ce que je te dis mais ne fais pas ce que je fais " . ?
La faute de ceux qui orientent  ?
La faute des parents, de leur conception de l'enfant roi devant qui tout le monde, prof y compris, doit s'incliner et supporter les caprices ?
La faute des responsables politiques ? Au sommet de l'état, ce qui pourrait être une saine discussion autour d'une table est rarissime et ne soulève que des problèmes...de conflits d'autorité, chacun ne cherchant qu'à affirmer la sienne par rapport à celle des autres ( voir conflits actuels aussi bien à l'UMP qu'au PS).
Dans tous les cas, on trouvera des adultes qui eux-mêmes ne savent plus très bien ce qu'est l'autorité et comment faire respecter la leur. Comment s'étonner alors de telles dérives chez les ados ?
Ne l'oublions pas l'école n'est rien d'autre que le reflet de notre société.
L'autorité n'est pas quelque chose de sale et on devrait pouvoir en parler sans provoquer chez les uns  une éruption d'eczéma et chez les autres des bouffées d'agressivité de garde -chiourme. D'une part, elle doit reposer sur le savoir et de l'autre sur le savoir faire pédagogique ce qui pose le problème de la motivation et de la formation des professeurs.
Mais pas touche, ministres et syndicats d'enseignants n'étant jamais d'accord. On vit dans un pays où rien ne se règle autrement que par le conflit insoluble,  surtout dans le domaine de l'éducation où rien n'avance. Comment dans ce cas résoudre les problèmes ?
Sur le plan pratique,  le lycée ne devrait pas être ce lieu où l'on garde au chaud des élèves qui n'y ont pas leur place mais qui la trouveraient ailleurs. Hélas ce sont les profs qui remettent en cause toute réforme juste qui irait dans ce sens, telle que par exemple une alternance en apprentissage qui permettrait aux ados qui ont des aspirations plus manuelles qu'intellectuelles d'avoir un pied dans ce que sera leur vie future et de vivre leur crise d'adolescence sur un mode moins conflictuel que celui que le lycée leur impose. Comme si les professions manuelles n'étaient pas aussi honorables que les autres ! Ils s'y sentiraient plus valorisés qu'à suivre les cours d'anglais de Mme Lespagnol ou d'un autre prof qui s'escrimera en vain à leur faire apprendre des notions de cours dont ils n'ont rien à cirer.

Voici  un témoignage d'enseignant suivant l'article du Monde. Il prouve si besoin était qu'il y a inadaptation dans les choix proposés à certains lycéens:
" Je suis prof...effectivement, le métier d'enseignant consiste aujourd'hui simplement à être devant une classe, et non à faire cours. Aucune réforme ne changera rien à ce fait: les "élèves" ne VEULENT PAS apprendre. J'en suis arrivé, avec certaine classe, à faire du baby-sitting, à passer les heures de cours à lire le journal assis à mon bureau. .





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