Le blog de kéline
...Du Bon Pasteur.
Hier soir, j'ai regardé sur France 3 un téléfilm très émouvant de Harry Cleven avec Bernadette Lafont, Anna Mihalcea, Stéphanie Sokolinski.
Le metteur en scène s'empare d'un fait de société ignoré par la plupart d'entre nous : Le sort fait à de très jeunes filles aux mains de religieuses dans un univers concentrationnaire où la société n'exerçait aucun contrôle. L'action s'y déroule dans les années cinquante.
On nous raconte comment une jeune fille est envoyée dans un centre du Bon Pasteur tenu par des religieuses pour avoir seulement embrassé son futur fiancé. Battue par son oncle, reniée par sa tante, elle s'y retrouve enfermée jusqu'à sa majorité. Dès qu'elle arrive, elle comprend qu'elle est coupable ...d'être en vie. La première des choses que font ses bourreaux, c'est de lui enlever son identité. Elle n'est plus " Sylvie " mais " Henriette " tant son prénom est entaché par la " faute " qu'elle a commise. Une religieuse lui bande fermement les seins après avoir découpé son soutien-gorge et vérifié sa virginité. On lui coupe symboliquement les cheveux...
Confrontée à des religieuses sadiques qui vont jusqu'au meurtre par négligence pour justifier leur vision inhumaine de la religion et imposer leur loi, elle subit les humiliations, les injures, le cachot, le silence. Parole suspecte, il faut se taire. Le but évident est de détruire sa personnalité après avoir nié sa féminité. Amitié et rêve l'empêchent de sombrer. A l'extérieur règne l'hypocrisie. Personne ne se préoccupe d'elle et de ses compagnes.
On ne peut qu'être bouleversé par une interprétation aussi délirante de la religion et par le sort qui a été fait à ces saines jeunes filles dont les familles se débarrassaient sans scrupule.
On a fermé ces établissements dans les années soixante-dix.
Outre le fait que le téléfilm est fort bien interprété, on découvre un aspect effrayant d'une religion au service du Mal. S'il repasse, n'hésitez pas...
Ven 11 sep 2009
11 commentaires
C'est elle qui raconte l'histoire. Elle s'est endurcie mais a su conservé toute son humanité. Elle raconte la vie de son amie qui a vécu le même cauchemar qu'elle, a fugué avec elle pour retrouver son bébé que les soeurs lui avaient enlevé à la naissance pour le faire adopter et qui s'est suicidée une fois rattrapée... Elle raconte toute l'histoire à la fille de son amie devenue adulte pour qu'elle sache QUI était vraiment sa mère.
kéline
je n'ai pas pu regarder. Même s'il n'y avait pas de violences physiques, j'ai été élevée chez les soeurs... tout était interdit et j'ai été beaucoup punie avant d'être exclue de 2 établissement. On me disait que j'avais le diable au corps
marie-madeleine - le 11/09/2009 à 11h12
Pas pu voir, pas eu envie...trop de souvenirs d'écoles religieuses. Il y a plus de 50 ans. Pas de sévices physiques, mais tout était interdit, même se promener à 2 le long de la cour :"mesdemoiselles! pas d'amitié particulière!"...j'avais 10 ans, on m'a humiliée en public, le jour des prix...exclue de 2 écoles. On disait que j'avais le diable au corps...
marie-madeleine - le 11/09/2009 à 11h24
je suis tellement peinée pour toi. Mais en même temps vraiment très heureuse que tu t en sois sortie aussi bien !!!
J ai été chez les soeurs en primaire mais il y avait aussi des laïcs. La discipline était très stricte et les mises en garde dissuasives. Je me souviens par exemple d'une fois où les soeurs étaient arrivées en délégation à la maison pour dénoncer ma soeur aînée qui, pendant la prière du soir obligatoire le mois de mai, était restée avec une copine au fond de l'église à regarder du côté des garçons et la raclée mémorable qu'elle avait prise par mon père qui ne levait jamais la main sur nousd'habitude. Heureusement j ai échappé à la cantine et à l'internat. Rien de comparable avec ce que le film relate.
J ai été chez les soeurs en primaire mais il y avait aussi des laïcs. La discipline était très stricte et les mises en garde dissuasives. Je me souviens par exemple d'une fois où les soeurs étaient arrivées en délégation à la maison pour dénoncer ma soeur aînée qui, pendant la prière du soir obligatoire le mois de mai, était restée avec une copine au fond de l'église à regarder du côté des garçons et la raclée mémorable qu'elle avait prise par mon père qui ne levait jamais la main sur nousd'habitude. Heureusement j ai échappé à la cantine et à l'internat. Rien de comparable avec ce que le film relate.
kéline
zut, j'ai écris deux fois, ne voyant rien apparaître.
En tous cas, je voulais te dire, j'adore cette citation de Voltaire
En tous cas, je voulais te dire, j'adore cette citation de Voltaire
marie-madeleine - le 11/09/2009 à 11h26
je vais enlever le premier si tu es d accord
bisous Marie Madeleine
bisous Marie Madeleine
kéline
un petit trou dans l'emploi du temps qui me permet de passer faire un coucou ! je suis désolée de ne pas passer plus régulièrement mais ce début d'année est un peu chargé ... plein de bisous ensoleillés !!! christel
christel - le 11/09/2009 à 11h42
un grand merci pour ta visite bisous Christel
kéline
J'ai justement hésité hier soir, et ne l'ai pas regardé, je vois que j'ai eu tort, mais ce sera pour une autre f ois, merci Kéline....
gros bisouuuuuu
gros bisouuuuuu
Miriel - le 11/09/2009 à 12h04
émouvant jusqu'au bord des larmes... Gros bisous ma chère Miriel
A plus tard
kéline
Oh que si je connais !!! Mon vieil ami orphelin, avait deux soeurs jumelles dans un orphelinat avec bonnes soeurs. Parfois, avec mon ami, nous allions les chercher le dimanche après midi. Nous étions jeunes, moi 16 ans et li 17 ans !!
Bonne soirée ! Bises !
Bonne soirée ! Bises !
patriarch - le 11/09/2009 à 16h51
Si c'est le reflet de la réalité, c'est terrible. Mais tu sais, Kéline, à quel point je me méfie de la fiction.
La réalité dépasse quand même la fiction. Je suis horrifiée par la mort de la petite Marina. "Morte de mort naturelle" (!!), mise au congélateur, jetée aux ordures. Pendant ce temps-là la mère se prépare à pondre pour la sixième fois ou plus.
La réalité dépasse quand même la fiction. Je suis horrifiée par la mort de la petite Marina. "Morte de mort naturelle" (!!), mise au congélateur, jetée aux ordures. Pendant ce temps-là la mère se prépare à pondre pour la sixième fois ou plus.
marie - le 11/09/2009 à 23h00
Je ne connaissais pas ce film, très bien apparemment, mais l'église n'a jamais été une religion de vertu, de tout temps il y a eu des guerres, répressions etc.. au nom de l'église. bonne journée
Kelly - le 12/09/2009 à 07h30
C'est parce qu'il n'y a pas si longtemps qu'on a réussi à se débarrasser de ces déviances de la religion que les voir revenir via l'islam ou le judaïsme me hérisse. Car certains sont à l'affût pour remettre en place ces systèmes d'oppression. En toute bonne foi, si j'ose dire : car les religieuses étaient convaincues qu'elles agissaient pour le bien de l'âme de ces "diablesses".
dominique laurent - le 13/09/2009 à 09h33
comme l'a écrit Alain " La force des méchants, c’est qu’ils se croient bons et
victimes des caprices d’autrui. "
victimes des caprices d’autrui. "
kéline
Combien de vies brisées au nom de la foi sectaire.
C'est vrai que de mon temps (1942 et "bâtarde" !)...le qu'en dira-t-on, le regard des autres, le SILENCE, étaient de loi.
Le film dit-il ce qu'a été le destin de cette malheureuse ?
Bonne journée.